Frise chronologique
IIIᵉ millénaire av. J.-C. (seconde moitié)
Construction du dolmen
Construction du dolmen
IIIᵉ millénaire av. J.-C. (seconde moitié) (≈ 100 av. J.-C.)
Période Chalcolithique ou début âge du bronze
Moyen Âge
Utilisation comme borne paroissiale
Utilisation comme borne paroissiale
Moyen Âge (≈ 1125)
Marque la limite Arles-Montbolo
1837
Première publication scientifique
Première publication scientifique
1837 (≈ 1837)
Article de Renard de Saint-Malo
1866
Description détaillée par Ratheau
Description détaillée par Ratheau
1866 (≈ 1866)
Plan et dimensions précis
1889
Classement monument historique
Classement monument historique
1889 (≈ 1889)
Protection officielle du site
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Dolmen (cad. D 239, 96) : classement par liste de 1889
Personnages clés
| Roland - Chevalier légendaire |
Légende locale d’inhumation post-Roncevaux |
| Jean-Baptiste Renard de Saint-Malo - Historien naturaliste (XIXᵉ) |
Première mention écrite (1837) |
| Louis Companyo - Naturaliste (XIXᵉ) |
Distingue dolmen et formations naturelles (1861) |
| Alexandre-Félix Ratheau - Officier et archéologue (XIXᵉ) |
Première description scientifique (1866) |
Origine et histoire
Le dolmen La Caixa de Rotllan (« tombeau de Roland » en catalan) est un monument funéraire du Néolithique final (seconde moitié du IIIe millénaire av. J.-C.), situé sur une ligne de crête du massif du Canigou, à 830 m d’altitude, entre Arles-sur-Tech et Montbolo. Construit en granite local, il se compose de trois dalles verticales en forme de H surmontées d’une table, délimitant une chambre rectangulaire sans couloir, typique des dolmens des Pyrénées-Orientales. Son orientation sud-est et son tumulus circulaire de 10 m de diamètre reflètent les pratiques funéraires du Chalcolithique ou du début de l’âge du bronze.
Une légende médiévale associe ce dolmen au chevalier Roland, héros de la Chanson de Roland, mort à Roncevaux (778). Selon la tradition locale, son corps aurait été ramené par son cheval Veillantif jusqu’au Vallespir, où il aurait été inhumé dans ce « tombeau ». Cette légende est renforcée par des toponymes voisins, comme le Palet de Rotllan (jeu de palets géant attribué à Roland) ou l’Abeurador del cavall de Rotllan (« abreuvoir du cheval de Roland »), ainsi que par d’autres mégalithes liés à son folklore, comme la Cova d’en Rotllan (dolmen de Corsavy).
Le dolmen, remarqué depuis le Moyen Âge, servait aussi de borne paroissiale entre Arles et Montbolo. Classé monument historique en 1889, il n’a jamais fait l’objet de fouilles archéologiques approfondies. Les premières descriptions scientifiques datent du XIXe siècle : Jean-Baptiste Renard de Saint-Malo (1837) le confond d’abord avec le Palet de Roland, avant qu’Alexandre-Félix Ratheau (1866) n’en donne une analyse détaillée, attribuant alors les dolmens aux Celtes (théorie aujourd’hui obsolète). Louis Companyo (1861) clarifie la distinction entre mégalithes et formations naturelles.
L’accès au site, signalé sur les cartes IGN, se fait par deux chemins depuis Arles-sur-Tech : une piste forestière (« route du dolmen ») ou le GR 10, avec un détour par un sentier balisé. Le trajet à pied prend environ 1h30. Le dolmen, en excellent état, illustre l’architecture mégalithique locale (plan simple, orientation sud-est, matériaux granitiques) et témoigne de l’importance symbolique des légendes carolingiennes dans les Pyrénées catalanes.
Aucune fouille archéologique n’a confirmé son usage précis, mais sa structure et son tumulus suggèrent une sépulture collective, comme la plupart des dolmens de la région. Son nom catalan et les récits populaires soulignent la persistance d’un folklore médiéval autour des mégalithes, souvent associés à des figures héroïques ou mythiques. Aujourd’hui, il reste un site emblématique du patrimoine mégalithique des Pyrénées-Orientales, attirant randonneurs et passionnés d’histoire.